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( 11 février, 2011 )

De Bemba à Demba ou les successions de chefs de village de Fatao

Les différentes successions depuis Bemba NIAKATE premier chef de village de Fatao à Demba NIAKATE dernier chef de village (1996-1999) et premier chef de quartier de Fatao  avec la décentralisation dépuis 1999.

De Bemba à Demba plus d’une vingtaine de chefs de village tous des NIAKATE se sont succédés. Comme le veut la tradition la chefferie du village est pour les NIAKATE. Les GARY sont intérimaires seulement le temps que les Niakaté désignent un autre chef. Le Niakaté qui sera désigné par les siens où qu’il soit est obligé de revenir à Fataou pour assumer sa fonction de chef de village ou de quartier.  La mémoire des vieux et des niamakala a retenu plus d’une vingtaine de chefs de villages que nous avons classés dans le tableau suivant:

N° 

Prénoms  NOM  Durée de Chefferie  Observations 
Bemba  NIAKATE  1er Chef de village, Date d’investiture ? 
Kandé  NIAKATE   
Sinany  NIAKATE   
Massiré dit Dangroumaté  NIAKATE  39 ans     
Hily  NIAKATE  03 mois   
Yassa Mady  NIAKATE  03 mois   
Marassa  NIAKATE  19 ans   
Madiakha  NIAKATE  02 mois   
Anthioumana  NIAKATE     
10  Anthioumana Wally  NIAKATE  19 ans   
11  Maoundé  NIAKATE  05 ans   
12  Djoké  NIAKATE  01 an  Etait installé à Tinkaré avant sa désignation 
13  Dianguina  NIAKATE   
14  Oudé Khoré  NIAKATE   
15  Oudé Tougouné  NIAKATE   
16  Daouda  NIAKATE  07 ans   
17  Massiré  NIAKATE  02 ans   
18  Dialiké dit Khorè  NIAKATE  01 an   
19  Balla  NIAKATE  08 ans   
20  Biré  NIAKATE  18 ans   
21  Maciré  NIAKATE   ?  
  Mamadou  GARY dit Ségué  Intérim   
22  Demba  NIAKATE  Actuel Chef de village  devenu Chef de quartier  depuis 1999. Il fut investi en 1996.  Actuel chef de village investi en 1996 

Nous avons la chance d’avoir la photo du dernier chef de village Demba NIAKATE devenu premier chef de quartier de Fatao avec l’avenement de la decentralisation.  
 De Bemba à Demba

Katché n’sakhé ou la Pose de l’arpentaire Pour résumer on peut dire que le village de Fatao a commencé d’abord à Koussourou (62 ans) pour transférer à Guidihallé (40 ans). De Guidihallé il est passé à Kadébé (20 ans) coté Ouest de la colline sacrée des Dabo ou Fataou n’guidé. Une année après le retour de 7 ans d’exil du Beledougou, le village a été installé dans sa position actuelle.

de Bemba à Demba

 C’est précisément à ce niveau qu’il y a eu ce qu’on appelle en Soninké « katché n’sakhè = pose de l’arpentaire » qui avait pour but de créér trois (3) secteurs : 1.      Garikunda ou le secteur (quartier des Gary)  2.      Niakatéra  ou le secteur (quartier des Niakaté) 3.      Et Dieourakanou  ou le secteur des maisons de Diéoura .

de Bemba à Demba

Aujourd’hui les trois secteurs sont représentés dans le conseil de village ou de quartier. Chacun des secteurs a une fonction bien définie dans le village : 

  • Les maîtres des délibérations ou des décisions se trouvent à Garykunda 

  • Les chefs de village se trouvent à Niakatéra 

  • Les maîtres de la médiation ou l’aiguille à coudre sont à chercher à Diéourakanou, le quartier de toutes les castes ou Niamakala (Griots, forgerons, les Cordonniers etc.).

 Jusqu’en 1999 le village de Fatao et de Mounta Soninké étaient administrés par la Sous/Préfecture (ex-arrondissement de Diangounté Camara cercle de Diéma. Fatao village du Consensus (crée par Yary GARY, Saïné DABO et Bemba NIAKATE) est devenu Fatao commune du Consensus (avec 3 quartiers : Diabira, Mounta Soninké et Fatao).  


[1] Arrivée à Fatao de nouvelles  populations après l’éclatement du village de Dieoura.  De nos jours Dieoura est le chef lieu d’une commune rurale du  même  nom dans la Préfecture de Diéma où les chefs de village de Diéoura sont également des Gary.

[2]Est Niamakala tout  laveur d’impuretés qui s’installent  entre deux sangs.

[3] Diabira un hameau de Fatao en 1999 venait d’être érigé en village pour être ensuite quartier  avec l’investiture du 1er Maire de la Commune urbaine de Fatao en novembre 1999.

[4] Un climat de confiance s’est établit entre les villages de Fatao et de Mounta Soninké depuis le temps du royaume peulh de Macina auquel ils allaient payer ensemble  l’impôt  en  or.

( 11 février, 2011 )

Histoire du village de Fatao racontée par les Vieux

L’Histoire du village racontée par les Vieux et enregistrée par la TV du Mali Quelques photos  des notabilités du village de Fatao prises le 7 avril 2000 au vestibule du Chef de village. Photos extraits de la video de l’ORTM (Office de la Radio Diffusion Télévision du Mali) intitulé « Légende et Folklore de Fatao » 

J’ai retenu  cette phrase de mon père Yary GARY  le premier  intervenant de l’émission télévisée de l’ORTM réalisée par  Mody SOUMANO (Récit du Terroir). Il commençait son intervention par cette phrase :

Conseil des sages du village     

« Quand un enfant  parle de l’histoire d’un village on la lui a raconté ». Cette histoire m’a été racontée par mon père qui lui aussi la detient de son père. Comme le dit l’adage de même que la viellessse est synonyme de passé, la jeunesse est synonyme de l’avenir. Les Vieux sont les connaisseurs du passé. Les Jeunes sont le connaisseur du futur. Du souvenir de nos grands-parents  raconté à nos parents   et de celui des griots et des autres  castes on peut reconstituer l’historique du village qui a emprunté son nom à la commune de Fataou ou Fatao.

Conseil des sages du village

L’histoire de Fatao  est liée à trois (3) collines  qui sont : 1.      Fataou  n’guidé (la colline sacrée des Dabo), 2.      Koussourou  n’guidé (la colline de Koussourou)  3.      Bemba n’guidé (la colline de Bemba) 

Saïné DABO l’ancêtre des Dabo qu’on qualifiait de diable à cause de son pouvoir  d’invisibilité résidait dans  Fataou n’guidé (colline de Fatao). Yary GARY un chasseur légendaire, impressionnant  surtout  par sa taille et sa force transitait par Fataou n’guidé avant de rejoindre son campement situé à Koussourou. Les chaussures pétrifiées de Yary  long de plus de 2 mètres  se trouvent dans le lit de la rivière de makankhoussé. Bemba Niakaté également un chasseur  venu de Diara (village de Nioro du Sahel) a trouvé refuge dans la colline qui porte son nom (Bemba n’guidé). Sur l’initiative de Yary les trois hommes se sont rencontrés pour fonder un village. Le principe de création a été accepté et il fallait trouver un nom au village. Le nom qui a été trouvé est  «Darou Hataou ou Darou Fataou »  ce qui signifie « le consensus d’hier ». Il existe d’autres versions qui disent que « Fatao » veut dire « le lieu de toutes les facilités ». 

Conseil des sages du village   

Conseil des sages du village

Le village a été crée et baptisé Hataou ou Fataou, maintenant il faut lui trouver un chef La réponse de Saïné à ce sujet est la suivante : « la chefferie de village des humains ne concerne que les hommes c’est à dire Bemba et Yary. Sachez seulement que Fataou n’guidé et son écosystème m’appartiennent ». Yary a cédé la chefferie à Bemba à condition qu’aucune décision ne soit prise en absence. Et c’est ainsi que Bemba Niakaté fut choisi comme le 1er Chef de village de Fatao. Le village de Fatao est resté à Koussourou pendant plus de 60 ans avant de transférer à Guidihallé (en soninké derrière la montagne). Le village restera à Guidihallé pendant 40 ans avant de passer à Kadébé (coté ouest de Fataou n’guidé). 

 Conseil des sages du village

Le village a fait  plus de 100 ans à l’Est de Fataou n’guidé avant de transférer à l’ouest où les conditions  s’avéraient plus favorables.  30 ans après le transfert à Kadébé Un groupe de Niakaté venu de Diara (dans le cercle de Nioro du Sahel) a reçu l’hospitalité auprès de Yary GARY. Ils ont épousé la fille de Yary du nom de Cissé Nagano[1]. Autorisation leur été donnée de s’installer dans la zone de LAMBO (LAMBODI : s’installer dans la zone des rivières) d’où le nom de Lambidou. C’est à cause de ces relation  que  les Fataou n’ké (habitants de Fatao) n’acceptent pas la phrase « Fatao à côté de Lambidou » mais plutôt « Lambidou à coté de Fatao ». Après    71 ans de vie à Kadébé les deux populations (celle de Fatao et de Lambidou) se sont vues envahis par les troupes d’Amadou de Macina qui ont le dessus. Ils ont fuient vers le Beledougou (actuel Kolokani) sous l’impulsion de Dosseni TRAORE chef de guerre du village. Après sept (7) ans d’exil les populations  se décidèrent  de rejoindre Yary qui était le seul et le premier à revenir sur la terre natale. C’est à cause de son acte de courage  à venir chez lui qu’on l’a nommé Yary BANE (Yary le 1er). Yary GARY refonda le village à Khakhoubana Singa où la population hésitait encore à le rejoindre. On peut entendre dans les chansons folkloriques que le premier enfant né du retour de l’exil est une fille baptisée « Gounédi » ce qui signifie l’enfant dans la brousse ou l’enfant de la brousse. Une année plus tard le village est passé de Khakhoubana Singa pour retrouver  sa position actuelle. De Bemba à Demba plus d’une vingtaine de chefs de village tous des NIAKATE se sont succédés. Comme le veut la tradition la chefferie du village est pour les NIAKATE. Les GARY sont intérimaires seulement le temps que les Niakaté désignent un autre chef. Le Niakaté qui sera désigné par les siens où qu’il soit est obligé de revenir à Fataou pour assumer sa fonction de chef de village ou de quartier.   


[1] Cissé Nagana fille de Yary Nagana ou de Yary le Berger  du Peuple. Nagana en soninké = Berger

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